Soirée Alberto LAMELAS

SONY DSCCertains l’avaient rêvé, la Peña Goya l’a fait ! Depuis ce soir du 9 juin 2014 où le ruedo Vicois vit s’affronter « Cantinillo » toro de 5 ans de la ganaderia de Dolores Aguirre et Alberto Lamelas, nombreux sont ceux qui voulaient approcher celui qui par son audace et son courage avait triomphé de la force vive et brutale de ce  » manso de gala « .

La magnifique salle des fêtes où se tenait cette soirée à accueillit plus d’une soixantaine d’aficionados venus rencontrer Alberto Lamelas et son nouvel apoderado, Robert Piles. En ouverture, une dégustation de vins de la région organisée par Lionel Bon a permis à chacun d’approcher le maestro et son apoderado et d’échanger en toute simplicité. A noter les efforts particuliers d’Alberto pour s’exprimer en français.

Puis vint la tribune, débutée par un hommage du plus ardent « fan » d’Alberto qui déclencha bien des sourires. Pendant que défilaient sur l’écran des images du matador dans les arènes françaises au cours des temporadas 2014 et 2015, Alberto retraça rapidement sa carrière et partagea avec Robert Piles ses espoirs pour la saison à venir (Déjà quelques contrats signés dans le sud-ouest : Aignan le 27 mars, Vic le 15 mai, Aire sur Adour le 19 juin). Un grand  moment d’émotion avec la video commentée par le maestro de son combat face à « Cantinillo ». Un autre hommage à distance depuis Paris avec un « slam » d’une aficionada toute acquise à la cause d’Alberto.

La soirée s’est poursuivie autour d’un copieux buffet, ponctué de discussions et de séances de dédicaces. Une soirée réussie qui récompense bien tous les efforts des organisateurs.

Merci à Alberto et à Robert Piles pour leur disponibilité, leur simplicité et leur gentillesse.
A très bientôt dans les ruedos et « suerte » maestro.

En complément à cette soirée voici le texte du « slam » de Marion en hommage à Alberto:

A l’heure du sorteo, Cantinillo dans les coulisses
Pose deux yeux noirs de défi sur tous ceux qui l’épient
Les peones contemplent déjà avec crainte et dépit
Ce bicho solitaire inquiétant
Qui affiche sa carte de visite
Un numéro : le 15… un N sur le flanc
Il n’est pas là pour rire, mais combattre et mourir
Et porter d’outre-tombe un souvenir…
Celui de sa ganadera ; elle qui aimait à dire :
Que seuls les courageux à la rigueur
Peuvent faire la guerre aux Dolores Aguirre
A l’heure du sorteo, seul dans ton hôtel ?
A quoi peux-tu penser en ces heures solitaires ?
A ces toros que tu allais cueillir novillero à puerta gayola ?
A ces coups de fil trop rares que tu attends en vain depuis l’alternative ?
A ces rêves que tu nourris avec obstination du fond de ton escalafon ?
… Où tu sais mieux que personne que les mauvais toros sont ceux
Que tu ne croiseras jamais dans les plis de ta muleta.
Loin des vedettes qui guettent ces toros qui permettent
Ceux qui mettent la tête et qui répètent
Le lot des toreros modestes c’est d’avancer la jambe
Autant que faire se peut
Alors que les toros autorisent bien peu
A l’heure où les braves se parent de lumières
Cantinillo, traine dans son sillage un long filet de bave
Le N en étendard, en manso con casta
Il promène son genio dans le ruedo vicois
Tu relèves ta mèche tu ajustes ton col
Tu vas le toréer lorsque bien peu y croient,
Tu vas le toréer car tu n’as pas le choix
Sur les toreros modestes, plane bien plus que la blessure
Bien plus que la malchance … la peur de l’indifférence
Il avance la jambe, Cantinillo décolle,
Et 100 fois menace de sa corne,
15 derechazos comme une supplique au ciel
Une estocade entière, a matar o morir
Un descabello comme un crochet du droit
Couchent Cantinillo pour l’éternité
Au milieu des vivas, écoutez-le vous dire,
Dans la sincérité d’un croisement, dans le silence d’une passe
Je suis Alberto Lamelas
Modeste par le rang mais de courage immense
Sans arrogance aucune… aussi bon que beaucoup et meilleur que certains…
A l’heure où les festayres envahissent les rues
A l’heure où la plupart, pensent au lendemain
On est une poignée dans un temps suspendu … à Dému.
Un demi à la main, accoudés au comptoir
On te regarde servir des naturelles imaginaires
Sur le bas-côté de la nationale.
Et refaire de salon un combat homérique
Celui de Cantinillo et d’Alberto, à jamais à hombros dans nos cœurs
Le combat d’un manso et d’un torero…
Modeste par le rang mais de courage immense.