Archives mensuelles : mars 2016

Pâques à Aignan

Nous étions un vingtaine d’adhérents de la Peña Goya à avoir fait le déplacement à Aignan en ce dimanche pascal. C’est sous un beau soleil presque printanier et sur un fond de montagnes pyrénéennes enneigées que nous avons assisté à la première course de la saison pour la plupart d’entre nous. Le matin novillada sans picador. Les aficionados venus nombreux faisaient plaisir à voir pour une non piquée, plus de la moitié des tendidos étaient remplis.  Adrien SALENC & Baptiste CISSE ont fait face à des novillos de l'élevage de Jean-Louis DARRE, 2 du Camino de Santiago et 2 de l'Astarac. Au cours de cette novilla,  Adrien Salenc a brindé son second novillo à la Peña Goya en remerciement de l’accueil que nous lui avions réservé lors de notre soirée de décembre dernier. L’après-midi figurait au cartel un autre de nos invités : Alberto Lamelas.  Vous vous reporterez à vos journaux et sites habituels pour le compte rendu de cette journée, la vocation de la Peña Goya n'étant pas de faire des « reseñas ». Pour notre Peña l’important est d’être présents dans les arènes et de soutenir l’aficion de ces modestes plazas qui s’efforcent de monter des courses de qualité et de maintenir notre tradition tauromachique. Un grand merci aux organisateurs de cette journée taurine de Pâques à Aignan pour sa bonne organisation et le bonheur de se retrouver entre aficionados. Quelques images, qui nous espérons, vous inciteront à faire le déplacement l’an prochain.

Soirée Alberto LAMELAS

SONY DSCCertains l’avaient rêvé, la Peña Goya l’a fait ! Depuis ce soir du 9 juin 2014 où le ruedo Vicois vit s’affronter « Cantinillo » toro de 5 ans de la ganaderia de Dolores Aguirre et Alberto Lamelas, nombreux sont ceux qui voulaient approcher celui qui par son audace et son courage avait triomphé de la force vive et brutale de ce " manso de gala ". La magnifique salle des fêtes où se tenait cette soirée à accueillit plus d’une soixantaine d’aficionados venus rencontrer Alberto Lamelas et son nouvel apoderado, Robert Piles. En ouverture, une dégustation de vins de la région organisée par Lionel Bon a permis à chacun d’approcher le maestro et son apoderado et d’échanger en toute simplicité. A noter les efforts particuliers d’Alberto pour s’exprimer en français. Puis vint la tribune, débutée par un hommage du plus ardent « fan » d’Alberto qui déclencha bien des sourires. Pendant que défilaient sur l’écran des images du matador dans les arènes françaises au cours des temporadas 2014 et 2015, Alberto retraça rapidement sa carrière et partagea avec Robert Piles ses espoirs pour la saison à venir (Déjà quelques contrats signés dans le sud-ouest : Aignan le 27 mars, Vic le 15 mai, Aire sur Adour le 19 juin). Un grand  moment d’émotion avec la video commentée par le maestro de son combat face à « Cantinillo ». Un autre hommage à distance depuis Paris avec un « slam » d’une aficionada toute acquise à la cause d’Alberto. La soirée s’est poursuivie autour d’un copieux buffet, ponctué de discussions et de séances de dédicaces. Une soirée réussie qui récompense bien tous les efforts des organisateurs. Merci à Alberto et à Robert Piles pour leur disponibilité, leur simplicité et leur gentillesse. A très bientôt dans les ruedos et « suerte » maestro.
En complément à cette soirée voici le texte du « slam » de Marion en hommage à Alberto: A l’heure du sorteo, Cantinillo dans les coulisses Pose deux yeux noirs de défi sur tous ceux qui l’épient Les peones contemplent déjà avec crainte et dépit Ce bicho solitaire inquiétant Qui affiche sa carte de visite Un numéro : le 15… un N sur le flanc Il n’est pas là pour rire, mais combattre et mourir Et porter d’outre-tombe un souvenir… Celui de sa ganadera ; elle qui aimait à dire : Que seuls les courageux à la rigueur Peuvent faire la guerre aux Dolores Aguirre A l’heure du sorteo, seul dans ton hôtel ? A quoi peux-tu penser en ces heures solitaires ? A ces toros que tu allais cueillir novillero à puerta gayola ? A ces coups de fil trop rares que tu attends en vain depuis l’alternative ? A ces rêves que tu nourris avec obstination du fond de ton escalafon ? … Où tu sais mieux que personne que les mauvais toros sont ceux Que tu ne croiseras jamais dans les plis de ta muleta. Loin des vedettes qui guettent ces toros qui permettent Ceux qui mettent la tête et qui répètent Le lot des toreros modestes c’est d’avancer la jambe Autant que faire se peut Alors que les toros autorisent bien peu A l’heure où les braves se parent de lumières Cantinillo, traine dans son sillage un long filet de bave Le N en étendard, en manso con casta Il promène son genio dans le ruedo vicois Tu relèves ta mèche tu ajustes ton col Tu vas le toréer lorsque bien peu y croient, Tu vas le toréer car tu n’as pas le choix Sur les toreros modestes, plane bien plus que la blessure Bien plus que la malchance … la peur de l’indifférence Il avance la jambe, Cantinillo décolle, Et 100 fois menace de sa corne, 15 derechazos comme une supplique au ciel Une estocade entière, a matar o morir Un descabello comme un crochet du droit Couchent Cantinillo pour l’éternité Au milieu des vivas, écoutez-le vous dire, Dans la sincérité d’un croisement, dans le silence d’une passe Je suis Alberto Lamelas Modeste par le rang mais de courage immense Sans arrogance aucune… aussi bon que beaucoup et meilleur que certains… A l’heure où les festayres envahissent les rues A l’heure où la plupart, pensent au lendemain On est une poignée dans un temps suspendu … à Dému. Un demi à la main, accoudés au comptoir On te regarde servir des naturelles imaginaires Sur le bas-côté de la nationale. Et refaire de salon un combat homérique Celui de Cantinillo et d’Alberto, à jamais à hombros dans nos cœurs Le combat d’un manso et d’un torero… Modeste par le rang mais de courage immense.